De la Norvège à la Nouvelle-Zélande
par Nicolas Rémy

En ce mois de mars, nous fêtons les cinq ans de notre véritable appareillage. Il est vrai que depuis près de deux ans, notre voyage s’est considérablement ralenti : nous avons l’un et l’autre embrayé sur des occupations professionnelles en Nouvelle-Calédonie, alors que notre bateau transformé en studio attend sagement son heure dans le port de Nouméa. Pourtant il ne s’agit bien que d’une escale – bien plus longue que les précédentes, certes – et nous comptons d’ailleurs poursuivre la circumnavigation d’ici quelques mois. Je me propose de faire le point avec vous lorsque nous larguerons les amarres.

Aujourd’hui, en revanche, prenons quelques instants pour regarder dans le sillage : cinq ans déjà que Fleur de Sel, notre vaillante coureuse des mers, a quitté la Bretagne et les côtes européennes. Elle sortait d’un chantier majeur effectué par nous-mêmes suite à deux saisons d’expéditions-tests en Europe du Nord (Ecosse, Norvège jusqu’aux Lofoten, Iles Féroé, Irlande).

Pendant la première année, notre route a suivi un cap quasi constant : ce fut la descente de l’Atlantique « en diagonale », au 210°, en nous élançant du Cap-Vert vers le Brésilavant de poursuivre vers le Rio de la Plata et la Patagonie. Dans cet extrême sud de l’Amérique, nous avons découvert une nature majestueuse et (quasiment) inviolée, et malgré le challenge certain posé par les conditions climatiques cela reste encore l’une des meilleures destinations du voyage à ce jour.

Heidi & Nicolas



Fleur de Sel et son équipage en Patagonie argentine

Un nouvel océan s’ouvrait alors à nous, et il fallait commencer par le traverser sur des milliers de milles – avec de rares tentatives d’escales, fructueuse à l’Ile de Pâques (Rapa Nui), avortée à Pitcairn – pour atteindre la Polynésie. Le Fenua aux cinq archipels nous a enchanté, Fleur de Sel sillonnant ses lagons pendant 9 mois, avant de poursuivre vers le soleil couchant. Nous enchaînons alors les archipels – les Cook, les Samoa, les Tonga – remontant les routes de migration des Polynésiens d’antan. Et puis, les saisons favorables n’étant pas éternelles, nous avons ensuite avancé d’un trait vers la Nouvelle-Calédonie, au plus grand lagon du monde et classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

La période cyclonique arrivant, et comme le font nombre d’oiseaux du large, nous avons migré vers la Nouvelle-Zélande. Fidèles à nous-mêmes – et peut-être aussi enivrés par la proximité des hautes latitudes – nous ne nous sommes pas cantonnés au nord subtropical : à Stewart Is. et dans le Fiordland, nous avons retrouvé le Grand Sud, sa nature grandiose et son rude climat. Ce fut là encore un enchantement, tant Aotearoa est attrayante sur tous les plans. La première moitié de ce tour du monde s’achevait enfin à notre retour sur le « Caillou », avec à présent 30'000 milles sous la quille.

Nicolas (X97) et Heidi REMY
Voilier Fleur de Sel

Nous vous invitons à retrouver le récit plus détaillé et plus vivant de ce voyage dans notre journal de bord (http://journal.belle-isle.eu/), également agrémenté d’albums photos, de quelques diaporamas, de notre parcours en cartes et d’une description de notre bateau.

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Parcours effectué par Fleur de Sel et son équipage. Et nous n’avons qu’à peine dépassé la mi-parcours !