« Parce qu’il produit la moitié de l’oxygène respiré par chaque être humain, absorbe également 25 % du CO2 émis par les activités humaines, stocke près de 90 % de l’excédent de chaleur anthropogénique, et reçoit la quasi-totalité de l’eau provenant de la fonte des glaces », La mer et les océans ont été présents tout au long de la Conférence sur le Climat. Le 29 novembre, 10 Etats dont la France ont signé l’appel « Parce que l’Océan » pour exhorter la communauté internationale à prendre des mesures pour renforcer la résilience de l’Océan face aux impacts des émissions de CO2. Le 3 décembre, à l’occasion du Forum Océan et Climat, Ségolène Royal annonçait un certain nombre de propositions françaises dont la mise en place par l’OMI, dès 2016, d’un système obligatoire de surveillance des émissions de CO2 par le transport maritime (qui représente 2,5 % des émissions mondiales de CO2). La France s’engage également à dépasser son objectif de protection de 20 % de ses eaux territoriales, avec l’extension en 2016 de la réserve marine des Terres australes françaises et invite tous les Etats à adopter une règlementation ambitieuse pour protéger les écosystèmes marins profonds, à l’instar des règles dont l’Union européenne est en train de se doter pour la pêche en eaux profondes. Enfin, le 4 décembre le « COP21 Oceans Day », organisé sous l’égide de la Commission Océanographique Intergouvernementale de l’UNESCO, a lancé la rédaction sous cinq ans d’un Plan d’Actions Stratégique pour les Océans et le Climat.
Soumise à une règlementation internationale en constant durcissement, la construction navale européenne a pris depuis plusieurs années le « virage bleu » et la vision du « Vessel of the Future » est avant tout celle d’un navire sobre et respectueux de l’environnement. Plusieurs clés technologiques pour l’avenir ont été identifiées dans la feuille de route du CORICAN (Conseil d’Orientation de la Recherche et de l’Innovation dans la Construction Navale) et celles relatives au navire « propre » ont été reprises dans un programme « navire écologique » qui fait partie des douze solutions industrielles de la Nouvelle France Industrielle.
La lutte contre le réchauffement climatique apporte aussi, avec le développement des sources d’énergie renouvelables, de nouvelles opportunités industrielles. Le 15 novembre dernier le GICAN (Groupe Industriel des Constructions et Activités navales) et le SER (Syndicat industriel des Energies Renouvelables), dans le cadre des travaux préparatoires à la COP21, ont présenté dans un document synthétique les développements réalisés ces dernières années par les industries maritimes françaises pour les EMR (énergies marines renouvelables). Cette brochure présente ainsi un portefeuille de solutions déjà proches du marché, voire commercialisées, sur l’ensemble des chaines de valeur, et allant des générateurs d’énergies eux-mêmes, aux navires et ensembles industriels qui les accompagnent, comme les stations de mesures ou le postes électriques en mer ( http://www.gican.asso.fr/sites/default/files/DOC_EMR_plaquette_BD_0.pdf). La brochure présente également les principes de fonctionnement des énergies couvertes (éolien offshore, posé et flottant, hydrolien, énergie thermique des mers, énergie houlomotrice), leur potentiel et leurs atouts, en particulier pour le climat.

Usant d’une métaphore très osée, on peut donc dire que l’Océan a le vent en poupe !